Vos aides financières MDPH (AEEH, PCH)

Quand on accompagne un enfant en situation de handicap, on avance souvent avec beaucoup de questions… et parfois des dépenses qui s’accumulent. Sur cette page, je vous explique simplement les aides les plus fréquentes via la MDPH (AEEH, PCH), comment faire une demande, et comment vous y retrouver dans les étapes. L’objectif n’est pas de “tout faire parfait”, mais de poser les choses dans le bon ordre, à votre rythme, sur les secteurs de Poitiers, Chauvigny, Montmorillon et alentours (Vienne 86).

Un guide pratique pour vous repérer plus facilement

Pour vous aider dans vos démarches MDPH, je mets à votre disposition un guide pratique pensé comme un support simple et rassurant. Il peut vous servir de fil conducteur pour mieux comprendre le dossier, savoir quoi préparer et avancer plus sereinement, à votre rythme.

Le CRA Poitou-Charentes (Centre Ressources Autisme) a édité ce document pour accompagner le remplissage du dossier MDPH après un diagnostic de trouble du neurodéveloppement : TSA, TDAH, déficience, etc.

Ce guide est proposé à titre informatif. Il ne remplace pas les recommandations ni les consignes de la MDPH dont vous dépendez, mais il peut constituer une aide précieuse pour mieux appréhender les documents demandés.

Pour compléter votre dossier, vous trouverez également ci-dessous les formulaires CERFA utiles, en accès libre.

Guide Dossier MDPH

CERFA 15692-01

CERFA 15695-01

Mes Tarifs

60 €

Première rencontre (1h30)

50 € / h

Accompagnement / heure

0,60 € / Km

Frais de déplacements : à partir de 15 km (par km)

La MDPH, c’est quoi exactement ?

La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) est un service présent dans chaque département. On peut la voir comme une porte d’entrée unique : elle permet de faire reconnaître la situation de handicap, d’ouvrir certains droits, et d’organiser les aides possibles pour l’enfant et la famille. Ensuite, c’est la CDAPH qui étudie le dossier et prend les décisions.

Si vous avez l’impression que “tout est administratif”, c’est normal : l’idée, c’est de traduire votre quotidien en mots simples et concrets, pour que le dossier reflète réellement ce que vous vivez.

L’AEEH : l’aide financière la plus connue

L’AEEH (Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé) sert à compenser une partie des frais liés au handicap : soins, accompagnements, déplacements, matériel, organisation familiale… Elle s’adresse aux enfants de moins de 20 ans, et sa base ne dépend pas des revenus des parents.

Qui peut bénéficier de l’AEEH ?

  • Votre enfant a moins de 20 ans
  • Il présente un taux d’incapacité :
    • au moins 80 %, ou
    • entre 50 % et 79 % avec un besoin d’accompagnement important ou des soins spécifiques
  • Il réside en France de façon stable

 

Les compléments de l’AEEH :

En fonction des besoins de votre enfant, un complément peut être accordé si :

  • vous réduisez ou arrêtez votre activité professionnelle
  • vous avez des frais importants liés au handicap
  • vous avez recours à un accompagnement spécifique

Il existe 6 niveaux de compléments, attribués selon la situation familiale et les besoins de l’enfant.

Bon à savoir ✅: l’AEEH reconnaît une réalité simple : le handicap ne se vit pas seulement “sur le papier”. Il se vit dans le temps, l’énergie, la charge mentale, et les adaptations de tous les jours.

La PCH : une aide centrée sur les besoins réels

La PCH (Prestation de Compensation du Handicap) est une aide financière qui sert à compenser les conséquences du handicap dans la vie de tous les jours. Elle vise des besoins très concrets : ce qui permet à votre enfant d’être aidé, sécurisé, et accompagné dans son autonomie, à la maison comme à l’extérieur.

Contrairement à l’AEEH, la PCH est une aide personnalisée : elle est étudiée à partir des besoins réels de votre enfant, et de ce que cela implique au quotidien pour lui (et pour vous).

Qui peut bénéficier de la PCH ?

La PCH peut être accordée à un enfant lorsque la situation montre un besoin d’aide important et durable. Elle concerne notamment les enfants :

  • présentant une difficulté grave ou absolue pour réaliser certaines activités (se déplacer, communiquer, s’alimenter, se laver, s’habiller, se repérer, rester en sécurité…)
  • dont le handicap est durable
  • résidant en France de façon stable

Selon la situation, la PCH peut être demandée en complément de l’AEEH, ou parfois à la place de l’AEEH. Chaque dossier est étudié au cas par cas par la MDPH.

À quoi sert la PCH ?

La PCH peut financer différents types de besoins, appelés des « volets ». L’idée est simple : la PCH aide à prendre en charge ce qui rend le quotidien possible, plus stable et plus adapté.

1) La PCH aide humaine

Ce volet concerne le temps d’aide nécessaire au quotidien. Il peut financer :

  • le temps d’aide apporté par un parent
  • l’intervention d’un professionnel (éducateur, aide à domicile, accompagnant…)

Cela peut concerner, par exemple :

  • l’aide pour les gestes du quotidien
  • la surveillance constante ou la présence sécurisante
  • l’accompagnement lors des déplacements, rendez-vous, sorties, démarches

Mon conseil💡 : Faites un mini “journal du temps d’aide” sur 7 jours. Notez très rapidement : les moments où vous devez intervenir, les moments où vous devez “être là” pour sécuriser, les imprévus (fatigue, crise, refus, danger, etc.)

2) La PCH aide technique

Ce volet peut participer au financement de matériel adapté, par exemple :

  • fauteuil roulant ou aide à la mobilité
  • matériel de communication
  • équipements spécifiques facilitant l’autonomie

2) La PCH aide technique

Ce volet peut participer au financement de matériel adapté, par exemple :

  • fauteuil roulant ou aide à la mobilité
  • matériel de communication
  • équipements spécifiques facilitant l’autonomie

3) La PCH aménagement du logement ou du véhicule

Ce volet peut aider à financer des adaptations utiles et sécurisantes, comme :

  • aménagement du logement (salle de bain, accès, sécurité, organisation des espaces…)
  • aménagement d’un véhicule pour le transport de l’enfant

4) La PCH charges spécifiques ou exceptionnelles

Ce volet vise des frais directement liés au handicap, notamment :

  • des dépenses régulières indispensables
  • des dépenses ponctuelles qui ne sont pas prises en charge ailleurs

5) La PCH aide animalière

Dans certaines situations, la PCH peut contribuer au financement d’un animal d’assistance, lorsque cela répond à un besoin identifié et reconnu.

    Comment faire la demande de PCH ?

    La demande de PCH se fait dans le même dossier MDPH que les autres aides. Pour que l’équipe puisse évaluer au plus juste, il est important de décrire votre quotidien avec précision, sans chercher à “bien écrire”, mais en restant au plus près de la réalité.

    Pour soutenir la demande, il est conseillé de :

    • décrire précisément les besoins quotidiens de votre enfant (ce qui est possible seul / ce qui nécessite une aide)
    • détailler le temps d’aide réellement nécessaire (matin, soir, sorties, sécurité…)
    • joindre des bilans et certificats récents (médicaux, paramédicaux, scolaires…)

    L’évaluation est réalisée par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, qui s’appuie sur votre dossier et sur les documents fournis.

    Faire une demande MDPH :
    le plus simple, c’est de suivre un chemin

    Faire une demande MDPH, c’est avant tout rassembler les bons éléments dans un dossier unique. Ce dossier sert pour l’ensemble des demandes (AEEH, PCH, orientations, aides humaines, matériel…). L’objectif est simple : permettre à la MDPH de comprendre clairement la situation de votre enfant, ses besoins, et l’impact sur votre quotidien.

    1) Constituer le dossier MDPH

    Le dossier comprend plusieurs pièces incontournables. Vous y trouverez le formulaire officiel de demande, le certificat médical spécifique MDPH (récent), un projet de vie, et des justificatifs qui permettent d’éclairer la situation.

    2) Rassembler les documents à fournir

    Pour que votre dossier soit solide, l’idée est d’apporter des documents qui décrivent le plus concrètement possible la réalité : ce que votre enfant vit, ce qui est difficile, ce qui demande une aide, et ce qui a déjà été évalué par des professionnels. Plus le dossier est étayé, plus il est facile pour la MDPH d’évaluer les besoins.

    • Photocopie du livret de famille ou acte de naissance
    • Justificatif de domicile
    • Photocopie de la pièce d’identité du parent
    • Bilans et comptes rendus récents (médicaux et paramédicaux) : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, psychologie, éducatif, etc.
    • Tout document utile pour comprendre le quotidien de votre enfant (école, soins, suivi, observations, difficultés au quotidien)

    Il est souvent conseillé de joindre le maximum d’éléments pertinents, sans chercher la perfection : l’essentiel est d’être fidèle à votre réalité, avec des documents actuels.

    🌿 Je suis là pour vous accompagner

    Dans le cadre de mon accompagnement, je peux également rédiger un Projet Personnalisé d’Accompagnement (PPA) qui rend compte des objectifs mis en place et des besoins de votre enfant. Je peux aussi fournir un devis d’accompagnement précisant le nombre de séances, leur régularité et leur coût, en cohérence avec le PPA.
    Ces documents peuvent être joints à votre demande d’aides auprès de la MDPH, lorsque cela est pertinent.

    Le projet de vie MDPH : à quoi sert-il ?

    Le projet de vie est une partie essentielle du dossier MDPH. Il permet d’expliquer, avec vos mots :

    • les difficultés rencontrées au quotidien
    • les besoins de votre enfant
    • l’impact du handicap sur la vie familiale, scolaire et sociale

    L’objectif n’est pas de “dramatiser” ni de “minimiser”, mais de décrire la réalité. C’est ce qui aide l’équipe de la MDPH à comprendre votre situation concrète.

    Ce que vous pouvez expliquer (exemples concrets)

    Vous pouvez notamment parler :

    • du temps consacré aux soins, rendez-vous, suivis, démarches
    • de la fatigue (de l’enfant et/ou de la famille) et de ce que cela implique au quotidien
    • de l’organisation familiale (fratrie, travail, déplacements, imprévus…)
    • des besoins d’accompagnement actuels (à la maison, à l’école, en sortie…)
    • des besoins à venir (évolution, autonomie, scolarité, socialisation…)

    Mon conseil💡 : vous n’avez pas besoin d’écrire “parfaitement”. Le plus important est que ce soit vrai, simple et illustré par des exemples.

    Dépôt du dossier MDPH : où l’envoyer et quelles étapes ?

    Où déposer votre dossier ?

    • Le dossier est à envoyer ou déposer à la MDPH de votre département.
    • Un accusé de réception vous est généralement transmis après enregistrement.

    Délais de traitement : combien de temps attendre ?

    Dans la Vienne (86), le délai de traitement est en moyenne de 4 à 6 mois (variable selon les périodes et la complexité du dossier).

    Bon à savoir ✅ : les droits sont souvent accordés pour une durée déterminée (souvent 1 à 5 ans), avec une possibilité de renouvellement.

    Les mutuelles peuvent-elles aider financièrement ?

    Les mutuelles ne remplacent pas les aides de la MDPH (comme l’AEEH ou la PCH), mais elles peuvent parfois compléter certaines dépenses liées aux soins et à l’accompagnement : bilans, séances en libéral, actes hors nomenclature… Les prises en charge dépendent beaucoup du contrat et de la mutuelle.

    Ce que les mutuelles peuvent parfois rembourser

    Selon votre formule, une mutuelle peut proposer :

    • un forfait annuel pour des soins peu ou pas remboursés par la Sécurité sociale (psychomotricité, ergothérapie, psychologie, neuropsychologie…) ;
    • une participation à certains bilans (bilan psychomoteur, psychologique, orthophonique hors nomenclature…) ;
    • un remboursement partiel de séances réalisées en libéral ;
    • une aide financière ponctuelle via un fonds social / fonds d’action sociale (selon les mutuelles).

    Bon à savoir ✅ : ces aides varient énormément d’une mutuelle à l’autre. Deux contrats dans la même mutuelle peuvent donner des réponses très différentes.

    ​Comment savoir si votre mutuelle peut aider ?

    Pour obtenir une réponse claire, vous pouvez :

    Relire votre contrat
    Cherchez les rubriques :

    • “prestations complémentaires”,
    • “médecines douces”,
    • “actes hors nomenclature”,
    • “forfait bien-être”,
    • “psychologie”.

    Appeler la mutuelle avec des questions précises

    • “Y a-t-il un forfait pour les soins non remboursés ?”
    • “Existe-t-il un fonds d’aide exceptionnelle en situation de handicap ?”
    • “Quels justificatifs faut-il fournir ?”
    • “Y a-t-il un plafond annuel ou un nombre limité de séances ?”

    Vérifier les limites de remboursement
    Certaines prises en charge sont conditionnées à :

    • un plafond par an,
    • un nombre maximum de séances,
    • un professionnel “reconnu” (numéro ADELI/RPPS selon le cas).

    Quels documents peuvent être demandés ?

    Selon les contrats, la mutuelle peut demander :

    • des factures des professionnels,
    • un devis,
    • une notification MDPH (si vous l’avez),
    • un certificat médical ou un bilan.

    La mutuelle ne “décide” pas à la place de la MDPH, mais une reconnaissance MDPH peut parfois faciliter la justification d’un soutien.

    💡 Mes conseils concernant vos mutuelles

    Demandez une réponse écrite.
    Après l’appel, demandez un mail récapitulatif : ça évite les incompréhensions et vous garde une trace.

    Même sans MDPH, renseignez-vous.
    Certaines aides existent mais ne sont pas proposées spontanément : il faut souvent les demander clairement.